Pourquoi chercher celui qui est vivant parmi les morts ?
Un chrétien se rendit un jour chez un moine zen ; il avait avec lui une Bible, et dit : "Je voudrais vous lire quelques phrases de Jésus." Et l'homme qu'il était venu voir était lui-même un Maître vivant ! Le Maître rit et acquiesça.
L'homme donna donc lecture de quelques phrases du Sermon sur la Montagne. Après deux ou trois phrases seulement, le Maître dit : "D'accord, l'homme qui a prononcé ces paroles était un illuminé."
Le visiteur fut très heureux que le Christ ait été reconnu et il voulut lire encore. Il reprit sa lecture. "Oui, très bien, dit le Maitre. Celui qui a dit ces paroles était illuminé."
Le chrétien remercia le Maitre et s'en retourna, extrêmement heureux que Jésus ait été reconnu par un bouddhiste et n'ayant absolument rien compris, car cet homme était lui-même un Christ. Et le Maître avait essayé deux fois, trois fois ; par deux fois, par trois fois, il avait dit : "D'accord !" Il avait dit : "Laisse ton livre fermé. Cela suffit ! J'ai goûté, je dis : Oui, cet homme était un illuminé."
Si ce visiteur s'était vraiment intéressé à la vérité, en entendant cela il aurait regardé le Maître car il aurait voulu savoir : "Qui dit que l'homme qui a prononcé ces paroles était illuminé ?" Il aurait dû jeter son livre.
"Pourquoi se soucier des morts ? Regardons cet homme-là !" Mais il a continué de lire son livre. Il est sans doute allé retrouver d'autres chrétiens pour leur dire : "Jésus était vraiment un illuminé ! Je suis allé chez un bouddhiste. Il est très difficle pour un bouddhiste de reconnaître Jésus. Cet homme est formidable, il l'a reconnu."
Vous demandez à celui qui est vivant de reconnaître le mort. Rappelez-vous cela, car vous faites peut-être la même chose.
(Extrait de "L'Evangile de Thomas" - commenté par OSHO)